Le Ministère de la Santé, de l’Hygiène Publique et de l’Accès Universel Aux Soins à travers le Programme National de Lutte contre le paludisme (PNLP) et la Division Promotion de la Santé a commémoré la Journée Mondiale de Lutte contre le Paludisme au Togo. A cet effet, il a organisé ce 25 Avril 2021, une visioconférence pour marquer la journée dont le thème cette année est : « Zéro Palu – Tirer un trait sur le paludisme ». Le Programme a partagé le point de l’évolution de la lutte contre le paludisme au Togo aux autorités du pays, aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’aux différents acteurs impliqués dans la lutte contre la maladie au Togo.

Cette année 2021, la célébration de la journée mondiale de lutte contre le paludisme est marquée par une sensibilisation de la population avec la diffusion des spots audio et vidéo sur la gratuité du traitement du paludisme simple et grave à travers les réseaux, les radios de proximité et une visioconférence avec tous les acteurs de terrain aussi bien des régions que du niveau central.

Dr ATCHA-OUBOU Tinah coordonnateur national du PNLP Togo

Pour Dr ATCHA-OUBOU Tinah, coordonnateur du Programme National de Lutte contre le Paludisme au Togo, « cette journée fait l’objet d’une communication et de sensibilisation de toutes les couches sociales de la population togolaise sur la gratuité du test de diagnostic rapide et les médicaments du paludisme simple et gave. Aussi permettra-t-elle au Programme National de Lutte contre le Paludisme de rappeler la volonté politique du pays à tout mettre en œuvre pour se rapprocher de l’élimination. » Au cours de la visioconférence donnée à partir du siège du PNLP à Lomé, Dr ATCHA- OUBOU Tinah a relevé que selon le rapport mondial 2016 sur le paludisme, au Togo, l’incidence du paludisme a régressé entre 20 à 40% entre 2000 et 2015 et la mortalité a régressé de plus de 40% sur la même période. Selon l’Enquête sur les Indicateurs du Paludisme 2017, la prévalence parasitaire chez les enfants de 6-59 mois est passée de 62,2% en 2004 à 28%, la possession d’une Moustiquaire à Imprégnation Durable par ménage a évolué de 33% à 71%, et pour 2 personnes à évolué de 65% à 85%.  Son utilisation a évolué de 34% à 63% avec 69% pour les femme enceintes et 70% pour les enfants de moins de 5 ans.

Tous ces efforts sont rendus possibles grâce au renforcement de la lutte contre la maladie au Togo par l’adoption de l’initiative faire reculer le paludisme en 2000 et la mise en œuvre des plans stratégiques dont celui en cours le PSN 2017-2022 révisé en 2019 et étendu à 2023.

MANIFESTATIONS CLINIQUES DU PALUDISME.

Deux formes de paludisme sont fréquentes au Togo et sont récurrentes spécialement au cours des saisons pluvieuses. La forme simple se distingue par une fièvre sans signes de gravité, des maux de tête et des douleurs musculaires et articulaires accompagnés de fatigue et de frissons et la forme grave montre des signes positifs de gravité à l’examen GE-FM ou TDR, accompagné parfois d’altération de la conscience, de la prostration, des convulsions multiples, une détresse respiratoire, l’ictère, l’hypoglycémie, l’anémie entre autres. Cependant, toute situation de menace vitale en présence du paludisme doit être considérée comme un paludisme grave.

TRAITEMENT ET PREVENTION.

Les examens de détection et le traitement du paludisme sont actuellement gratuits dans toutes les formations sanitaires du Togo. Le paludisme qui est une maladie dévastatrice est néanmoins évitable et traitable. Pour la prévenir, il faut dormir sous Moustiquaires à Imprégnation Durable (MID), pulvériser la maison et ses alentours. Dans les zones de transmission élevée ou stable, il est recommandé le Traitement Préventif Intermittent pour les femmes enceintes et les enfants

EXISTE-T-IL UN VACCIN ANTIPALUDIQUE ?

Le RTS,S/AS01 (RTS,S)  est le premier et le seul vaccin ayant démontré une diminution significative des cas de paludisme, chez les jeunes enfants d’Afrique. Il a reçu un avis scientifique favorable de l’Agence Européenne des Médicaments (EMA) en Juillet 2015. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a recommandé l’introduction pilote de ce vaccin chez des enfants âgés d’au moins 5 mois en utilisant un schéma de vaccination comprenant 3 doses initiales espacées d’au moins un mois et une 4ème dose administrée 15 à 18 mois après la 3ème dose. Des essais cliniques et des modèles mathématiques ont montré que la protection partielle contre le paludisme conférée par le vaccin RTS,S/AS01 pourrait avoir un impact substantiel sur la santé publique si le vaccin est utilisé en association avec d’autres mesures de lutte antipaludique, en particulier dans les zones hautement endémiques. Son utilisation lors d’essais cliniques à grande échelle chez des enfants avec l’administration de 4 doses a permis d’éviter environ 4 cas sur 10 sur une période de 4 ans.

En raison de l’intérêt potentiel du vaccin du point de vue de la santé publique, l’OMS a recommandé son introduction progressive en Afrique subsaharienne. Le Ghana, le Kenya et le Malawi ont commencé à introduire le vaccin en 2019, dans le cadre du programme de vaccination systématique de chaque pays, dans des zones déterminées où la transmission du paludisme est de type modéré au type élevé.